Le « phénomène » Antanas Mockus, une alternative pour la Colombie?

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Antanas Mockus 201x300 Le phénomène Antanas Mockus, une alternative pour la Colombie?Dans environ un mois, les élections présidentielles débuteront en Colombie. Dans un climat de transition post-Uribe, le résultat devrait se jouer entre Juan Manuel Santos du parti de la U, successeur proclamé d’Alvaro Uribe et Antanas Mockus, candidat des Verts, véritable challenger plébiscité par une grande partie du peuple en mal de changement.
N’étant point un grand fan de politique et du monde qui l’entoure, je n’évoque pas souvent ce sujet mais ici en l’occurrence la personnalité et l’engouement dont jouit Antanas Mockus, le représentant de la ola verde, m’a donné envie d’en savoir un peu plus sur ce candidat atypique.
Premièrement, il convient de décrire cet homme, philosophe, mathématicien, ancien Recteur de l’Université Nationale et maire de Bogotá à deux reprises (1995-1998 et 2001-2004); initiateur de nombreuses mesures novatrices comme la hora zanahoria (réduction de l’heure de fermeture des bars et discothèques) et écologiques (régulation de la consommation en eau, taxe sur l’essence). Mockus, fils d’immigrés lituaniens, dirigea la ville de Bogotá avec une fermeté imprégnée de pédagogie héritée de sa carrière de professeur.
Il est pour la troisième fois candidat aux présidentielles, tentative qui pourrait bien être la bonne selon les derniers sondages le donnant vainqueur au premier et au second tour devant Santos. Comment expliquer cette effervescence autour du candidat des Verts? Une vision et une méthode différentes du politique habituel, teintées de transparence et d’éthique, grand leitmotiv de sa campagnes présidentielle, font d’Antanas Mockus, un prétendant sérieux à la succession d’Alvaro Uribe.
Peut-être la ola verde est le résultat de la lassitude du peuple colombien, fatigué des deux mandats d’Uribe, qui malgré une politique sécuritaire relativement réussie, n’ont pas été exemptes de scandales dont les falsos positivos, d’innocentes victimes de l’Armée venant augmenter les chiffres de la lutte contre les FARC. Mockus, quant à lui, base sa politique sur la transparence, telle la révélation de sa maladie de Parkinson, peut-être un coup médiatique pour corroborer sa politique d’éthique. Il propose une politique propre sans corruption ni clientélisme, reposant sur la cultura ciudadana, ode au vivre ensemble et au comportement citoyen.
Pour ceux qui le comparent déjà à nos politiques de gauche, désolé de vous décevoir mais la comparaison s’arrête ici. Nous ne sommes pas en France, le parti vert colombien serait au centre voire dans une droite light dans notre cher pays. Comme le montre sa gestion de la mairie de Bogotá, n’hésitant pas à utiliser une politique autoritaire et répressive. De plus, sur le plan économique il serait proche de Santos ou de Sanín du parti conservateur, qualifié même de « neo-libéral » par Gaviria d’un Polo Democrático (gauche colombienne) sentant le besoin de se démarquer de Mockus pour garder son électorat.
Ces guéguerres politiques, Mockus s’en moque peut-être pour cet homme qui sort tant du moule politique, paraissant plus un citoyen voulant faire de la politique au-delà du carcan des partis que d’un homme politique pourvu à toutes les ficelles du métier. Alternative salutaire aux années Uribe? Les Colombiens le sauront bientôt s’ils élisent Antanas Mockus à la présidence…

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