Retratos en un mar de mentiras, la Colombie des « desplazados »

par le 17.déc, 2010, dans Cinema

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A la manière d’un road movie, Retratos en un mar de mentiras parcourt une Colombie belle et sauvage, théâtre d’un conflit qui ne cesse de durer.
Une jeune femme fragile, hantée par l’image de sa famille défunte, entreprend avec son cousin la traversée de la Colombie, de Bogotá aux côtes caraïbes, afin de récupérer les terres familiales.
Retratos en un mar de mentiras évoque, à travers cette histoire, la dure réalité qui touche un Colombien sur dix : les déplacements forcés perpétrés par les FARC, les paramilitaires, etc. Dans le générique de fin, le réalisateur, Carlos Gaviria, rappelle très justement que la Colombie constitue le deuxième pays avec le plus grand nombre de desplazados dans le monde.
Retratos en un mar de mentiras est interprété de façon magistrale par Paola Baldión (Marina), dans un rôle où elle ne prononce que très peu de mots (leur importance en est ainsi soulignée) et laisse libre court à la magie communicative des regards et des corps. Son cousin est joué par Julián Román dans un rôle de photographe coureur de jupons, plus intéressé par l’argent que par un quelconque héritage mémorielle.
Un jeu d’acteurs et une mise en scène remarquables font de ce film une belle réussite. Il nous fait découvrir les beautés d’un pays encore trop méconnu; tout en mettant le doigt sur un problème dramatique qui n’a d’égal que l’indifférence d’une grande partie de la population colombienne.

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