« Operación E », ou le conflit colombien vu de l’intérieur…

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Operacion E 224x300 Operación E, ou le conflit colombien vu de lintérieur...Depuis un petit moment, j’avais ce film en ma possession et je n’étais pas vraiment motivé pour le regarder. Les FARC, la guerre civile, etc. des sujets plus qu’habituels sur la Colombie me disaient que le film n’allait guère être original et je risquais de m’ennuyer ferme.

Operación E, du réalisateur franco-espagnol Miguel Courtois, n’est pourtant pas un film classique sur le conflit colombien. Il ne parle guère des grandes lignes historiques de la guerre civile, ou seulement de loin par le prisme de la « petite histoire », de petits gens tentant de survivre dans une époque tourmentée.

Le film raconte la vie d’une famille modeste dans la région de Guaviare, survivant tant bien que mal entre la guérilla d’un côté et l’armée de l’autre. Jusqu’au jour où le père de famille, José Cristancho, interprété par l’excellent acteur espagnol Luis Tosar, se voit confier de force par les FARC un enfant en très mauvaise santé, surnommé Peggy, et qui semble très important pour eux.

Tentant par tous les moyens de le sauver, sachant que sa vie et celle de sa famille en dépendent, José Cristancho se rend à l’hôpital de El Retorno pour faire soigner l’enfant. Là-bas, les médecins, voyant le bras cassé de l’enfant et ses multiples contusions, pensent à un cas de maltraitance et finissent par confier l’enfant au « Bienestar Familiar » (sorte de DASS colombienne), sans savoir quelle est sa vraie identité.

Ce n’est que deux ans plus tard que la grande histoire rattrape la petite. Clara Rojas, la directrice de campagne d’Ingrid Betancourt, ainsi que son enfant né en captivité doivent être libérés par les FARC après cinq années de détention. Les FARC doivent donc absolument mettre la main sur le petit Peggy…

Operación E est un film qui nous montre la Colombie du petit peuple, mais pas celui qui vit dans les quartiers difficiles des grandes villes, celui-là a encore une petite chance de s’en sortir. Non, plutôt celui qui vit dans les régions infestés par les FARC, l’armée et les paramilitaires, qui ne mange que rarement à sa fin et qui doit survivre par tous les moyens aux « puissants » qui l’entourent.

José Cristancho est de ceux-là, un modeste paysan, broyé tel un grain de sable par la grande histoire… qui l’a finalement condamné à trente-trois ans de prison début 2013 pour séquestration, rébellion et faux témoignage.

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