La Playa D.C., un film sur la communauté afro-colombienne

la playa D.C.
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La communauté afro-colombienne a plus d’une souffrance en elle. Les déplacements forcés sur la côte pacifique l’atteignent en priorité. L’indifférence d’un pouvoir central et d’une opinion publique qui ne se sont jamais guère intéressés à eux, voire même à se demander si ces territoires font réellement partie de la souveraineté colombienne.

Le parallèle entre les populations d’origine africaine en France et en Colombie pourrait s’effectuer – contrôle des papiers, misère économique, etc. – sauf que ces derniers font partie intégrante de ce pays depuis sa création…

La mise à l’écart est tenace et ancrée dans les mentalités, quelque peu racistes des autres populations colombiennes. A Bogotá, ils enflent les rangs des autres « desplazados« , au plus bas de la hiérarchie, juste au-dessus des indigents.

La Playa D.C. (assurément district capital) est un film de Juan Andrés Arango, réalisé en 2012. Il raconte les espoirs et les errements de trois frères afro-colombiens dans la capitale, Bogotá. Tomás, interprété par Luis Carlos Guevara, est le cadet de la fratrie et le trait d’union entre les frères. Il cherche à protéger son jeune frère, Jairo (Andrés Murillo), de son addiction au crack, le seul moyen qu’il a trouvé, comme il dit, pour oublier cette dure réalité de béton, loin de son village natal.
L’aîné, Chaco (James Solís), quant à lui, ne rêve que d’une chose repartir vers « el Norte », les Etats-Unis ou l’Europe, afin de connaitre une vie meilleure et de sortir de ce maudit pays, comme il le nomme.

A travers le parcours de ces trois frères, le réalisateur dresse trois itinéraires plutôt communs de la communauté afro-colombienne. L’émigré, le jeune vivant en marge de la société, et celui qui essaye de s’épanouir dans la coiffure (cela aurait pu être le sport, la musique, etc.). Ce portrait sociologique interpelle le spectateur sur la situation d’une communauté afro-colombienne, en mal de reconnaissance et de repères.

Au rythme de la musique de Chocquibtown et d’autres groupes afro-colombiens, on découvre dans les bas-fonds de Bogotá, cette communauté souvent ignorée voire rejetée, qui n’en reste pas moins fière de ses racines dans une Colombie multi-ethnique et métissée.

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