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Mon installation en Colombie…

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Il fallait bien que ça arrive après tant d’années… entraperçue, rejetée, réenvisagée… et finalement adoptée en ce début d’année 2016… je ne vais pas vous mentir, le coeur y est pour quelque chose… et ce jusqu’à la ville choisie.

Barranquilla est donc le lieu où je vais passer les dix prochains mois – et plus si affinités. Une ville chaude et côtière qui possède son propre charme… et ses propres problèmes.

plagebarranquilla 300x225 Mon installation en Colombie...

Cela fait presque trois mois que je suis arrivé et je peux déjà dresser un premier bilan positif de mon installation en terre colombienne. Le climat est bon, chaud mais pas trop (merci les alizées jusqu’en mars-avril, je crois) et le soleil est au rendez-vous. Les formalités d’installation se sont faites petit à petit (cedula de extranjeria, voiture, etc.). On est sur la côte colombienne, donc faut rester zen.

Afin d’être clair et précis, je vais commencer par énumérer les aspects positifs de mon installation et ensuite évidemment les inconvénients – eh oui il en existe partout.

La première chose positive comme je l’ai déjà dit est le climat. Je ne vais pas épiloguer plus là-dessus. Sachez juste que savoir qu’il fait zéro et moins en France, c’est assez jubilatoire quand on se promène toute la journée en t-shirt ou en chemise – je sais j’ai un petit côté vicieux.

Deuxième aspect positif : le rythme de vie tranquille, voire un peu trop à mon goût. Mais cela fait du bien de se déconnecter du stress de la France.

L’alimentation constitue le troisième aspect. Non, je ne veux pas dire que la gastronomie colombienne est meilleure que la française. Seulement qu’ici au moins, on a l’impression de manger des meilleurs produits et de pouvoir savourer des jus frais de dizaines et de dizaines de fruits. Les plats préparés surgelés ou non sont relayés dans des frigos qui semblent rester figés pour l’éternité – et qu’ils y restent vous me direz !

Voilà à peu près, les aspects positifs que je comptabilise de mon installation en Colombie (outre l’amour bien sûr…). Pour les aspects négatifs, la liste n’est pas plus longue, rassurez-vous. Elle est même constituée uniquement d’inconvénients que tout expatrié français ressent une fois au moins dans sa vie.

Premièrement, Barranquilla, malgré le soleil et la plage, est une ville où… l’on s’ennuie assez vite. Les activités sont limitées et on se retrouve vite à aller d’un centre commercial à un autre, d’un cinéma à un autre… et guère plus.Certains francophones installés ici m’ont déjà dit que cela pourrait être bien pire, par exemple, être à… Valledupar (mes plates excuses aux habitants de Valledupar).

Deuxièmement, tout est payant, rien n’est gratuit. Vous allez me dire, normal. Ben en fait, si l’on compare avec la France, non. Vous voulez un extrait d’acte de naissance? Il faut aller chez un notaire (première différence avec la France), et comme ce dernier ne travaille pas gratuitement, il faut le payer : environ 6 ou 7.000 pesos selon les notariats. Vous voulez un apostille? Entre 50 et 60.000 pesos à la Gobernación. En France, il vous suffit de vous rendre à la cour d’appel la plus proche et vous l’obtenez sous deux jours ouvrables. Et d’autres exemples, il y en a encore…

Ensuite, je dirai que les autres inconvénients sont propres à tout expat comme je l’ai précisé plus haut : nostalgie de ses habitudes françaises, de son village ou de sa ville, de sa famille et de ses amis, etc.

Enfin, telle est la vie. Le futur nous indiquera notre chemin…

Bocas de Ceniza, une impression de bout du monde

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Si vous aimez les étendues sauvages, vastes et isolées, vous aimerez Bocas de Ceniza. Un lieu surréaliste et surprenant aux confins du fleuve Magdalena et de la mer des Caraïbes.

Voir le fleuve Magdalena embrassait dans une étreinte à la couleur « cendrée » – Ceniza signifie « cendre » en espagnol – la mer des Caraïbes se mérite. Le parcours pour s’y rendre ressemble parfois plus à un chemin de croix qu’à une promenade de santé.

Quitter la ville pour se rendre aux fameux petits trains qui vous transporteront aux portes de Bocas de Ceniza ne se fera pas sans repos, tant la route à emprunter ressemble plus à un chemin de terre difforme et caillouteux qu’à une voie pour nos chers véhicules à quatre roues.

Ces petits wagons pouvant transporter environ une douzaine de personnes, sur des banquettes des deux côtés du véhicule ainsi que parfois au milieu avec des sièges rajoutés pour optimiser l’espace disponible (expérience vécue à l’aller), avancent à une vitesse d’environ 15 km/h.

Ils se relaient le long de la voie de 9 heures du matin à 5 heures du soir, dans le vacarme des moteurs et du vent qui vous fouette le visage. Le prix du trajet n’es pas très cher. Il coûte 10.000 pesos ( à l’heure actuelle moins de 3 euros).

D’après un article de El Heraldo, la voie ferrée ferait 12 kilomètres jusqu’à la pointe de Bocas de Ceniza. Cependant, la partie finale étant trop déteriorée et abîmée, les petits trains ne réalisent pas la totalité du trajet.

Il convient donc de faire la dernière partie du trajet à pied, environ 30 minutes, entre les maisons humbles des pêcheurs et autres habitants de Bocas de Ceniza.
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La beauté du lieu et l’immensité de la nature présente contrastent avec une grande pauvreté, fière, humble et accueillante. Tel ce pêcheur nous proposant de partager son simple mais délicieux repas, constitué d’un poisson et d’un peu de yuca. Un véritable délice de fraîcheur et de simplicité qui fait du bien parfois dans notre monde sophistiqué et pompeux.

La scène semble parfois surréaliste. Marcher le long de cette voie, bordée de chaque côté de cabanes et autres maisons de fortune. On touche à la pauvreté la plus extrême dans ce lieu à la beauté époustouflante.
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L’immensité nous rappelle notre place celle d’animaux – sans aucune connotation péjorative – qui pensent être les maîtres du monde, mais qui ne sont rien en fait face à la force et à la grandeur de la nature.

A Bocas de Ceniza, on a l’impression de revenir à l’essentiel, débarrassés de toute la théâtralité d’une société, toutefois jamais très éloignée tant les projets de développement pointent leur nez. Espérons cependant qu’ils puissent préserver la beauté du lieu et apporter du travail à un grand nombre de personnes. Pour l’instant, l’eau est omniprésente, le ciel est bas. Plus rien d’autre ne compte.

Barranquilla, Curramba la Bella

Eglise San Nicolas
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En Colombie, Cartagena de Indias, Santa Marta, Bogotá ou encore Medellín attirent la plupart des touristes étrangers. Peu sont ceux qui se rendent à Barranquilla. Une ville jugée peu intéressante et parfois même un peu trop chaotique par certains.

Un tel jugement ne se fie qu’aux apparences et à une réalité superficielle, certes en partie exacte, mais loin de refléter à mon avis l’essence d’une ville à l’importance historique et culturelle indéniable pour la Colombie.
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J’ai pu en juger par moi-même lors d’un voyage sur la côte caraïbe cet été. Barranquilla n’est pas une ville « facile » comme Cartagena par exemple, qui vous ensorcelle très vite avec ses couleurs chatoyantes et son patrimoine incomparable. Il faut apprendre à l’aimer et à sentir cet identité à travers certains symboles comme la musique ou encore l’équipe de foot local, le Junior.

Curramba la Bella, comme l’aiment à l’appeler ses habitants et ses plus grands fans, possède selon moi un caractère fort, fruit d’une histoire singulière et d’une forte identité « costeña » de ses habitants.

J’y trouve parfois dans cette ville un air de Marseille, ville chère à mon coeur, et porteuse également d’une identité forte et unique. La similarité ne s’arrête pas à l’aspect portuaire. Les migrations qui ont forgé ces deux villes pour créer une identité propre s’en ressentent fortement. Premièrement, dans les noms : d’origine anglaise, allemande, française ou encore arabe pour la première ou italienne, arménienne ou maghrébine pour la seconde. Et deuxièmement, dans l’empreinte qu’ont laissé – et laissent encore aujourd’hui – ces populations dans la culture et l’architecture des deux villes.

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La Avenida al río

Barranquilla a donc longtemps été la porte d’entrée des migrants en Colombie, qui se sont soit fixés sur les rives du río Magdalena, soit sont partis vers d’autres cieux à travers le pays. Elle a acquis de cette époque un autre de ses surnoms, « La Puerta de Oro ».

Ses surnoms sont nombreux, peut-être est-ce la ville en Colombie qui en possède le plus… ainsi que des chansons dédiées à sa splendeur et à l’amour inconditionnel que portent certains chanteurs à « La Arenosa » (encore un surnom!), comme le célébrissime Joe Arroyo, le fils adoptif de Barranquilla – il est né à Cartagena – qui proclame son amour pour cette ville dans sa fameuse chanson « En Barranquilla me quedo ».

Barranquilla, vous l’aurez compris, est une ville que j’ai beaucoup appréciée malgré le fait, il est vrai, du peu de monuments et d’endroits à visiter. Heureusement, le climat est bon (voire très chaud parfois) et la plage est proche ce qui renforce également son intérêt.
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Ne croyez cependant pas qu’il n’y a pas de monuments à visiter. Vous avez toujour les quelques incontournables de chaque ville comme les places, les églises ou les cathédrales. J’ai eu d’ailleurs le plaisir d’admirer l’église San Nicolas dans le centre de la ville. Un magnifique édifice, véritable coeur de la ville, aux couleurs pastels sublimes ainsi que la cathédrale, un édifice moderne et avant-gardiste, qui ravirait plus d’un adepte de l’architecture contemporaine.

Le saint patron de la ville s’appelle San Nicolás de Tolentino, mais pour les montpellierains, sachez que le patron populaire est San Roque, nul autre que notre fameux Saint-Roch. Un autre lien après « El Pibe » Valderrama, non natif de Barranquilla, mais très attaché à la ville.

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Sur le plan culturel, j’ai visité également le musée del Caribe, dédié à la culture et aux peuples caribéens, indigènes et afro-colombiens, tels que les Kogis et bien d’autres. L’entrée est de 12.000 pesos (environ 3,50 euros actuellement) et il ouvert la plupart du temps de 8 heures à 17 heures.
musée del caribe Barranquilla 300x200 Barranquilla, Curramba la Bella

Malgré quelques petits côtés chaotiques, tels que les problèmes d’écoulement d’eau formant les fameux « aguaceros », véritables ruisseaux qui dévalent les rues de Barranquilla quand s’abattent des trombes d’eau, Barranquilla est une ville attachante de par son coeur et son âme, symbolisés par l’allégresse et la gentillesse de ses habitants. Une ville qui souvent ne laisse pas indifférent. On aime ou on déteste… tiens, tiens encore un point commun avec Marseille.

Les esclaves se moquent de leurs maîtres à Salvador da Bahia

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Les vols low cost ne se limitent plus à des trajets court-courriers. De plus en plus, des compagnies aériennes telles que Condor nous offrent la possibilité de visiter des coins du monde de plus en plus éloignés à des prix abordables.

L’Amérique du Sud attire des visiteurs du monde entier et le Brésil, avec sa richesse culturelle, ses plages paradisiaques et ses rythmes vibrants est sans doute l’un des pays qui nous fait le plus rêver.
Et c’est à Salvador de Bahia, au centre de la côte brésilienne, que se trouve le bijou dont nous voulons parler aujourd’hui.
salvador de bahia 300x224 Les esclaves se moquent de leurs maîtres à Salvador da Bahia
L’église et couvent de Saint François de Salvador da Bahia est un bijou non seulement par sa beauté baroque, mais aussi pour des raisons historiques.

La ville de Salvador da Bahia fut la première capitale du Brésil. Le siège de l’administration Royale y fut établit en 1549 par le Gouverneur Thome de Souza et la ville conserva son statut jusqu’en 1763.

Dès 1558, le premier marché d’esclaves des Amériques y fut créé. Les descendants de ces ouvriers ont fait de Salvador, encore aujourd’hui, un point de rencontre des cultures africaines, coloniales et indo américaines.

Ce sont eux qui construisirent l’église de Saint François au début du siècle XVIII. et ils firent un merveilleux travail.
São Francisco 300x201 Les esclaves se moquent de leurs maîtres à Salvador da Bahia
Il fallut huit cents kilos d’or pour recouvrir les boiseries et les sculptures de ce magnifique intérieur baroque qui est illuminé par un énorme chandelier de quatre vingt kilos. Le cloître magnifique est décoré avec une mosaïque d’azulejos représentant la fondation de la ville.

En regardant le plafond, vous verrez les peintures de l’artiste Jose Joaquim da Rocha.

Vous manquerez d’yeux pour découvrir tous les détails, mais vous remarquerez sûrement que certains des petits anges semblent avoir été mutilés entre leurs jambes, d’autres semblent enceintes. Leurs visages sont souvent grotesques.
Jose Joaquim da Rocha sao francisco 300x219 Les esclaves se moquent de leurs maîtres à Salvador da Bahia
Ceci fut la vengeance des esclaves qui construisirent cette église, privés eux-mêmes de pratiquer leurs rites spirituels: modeler de gros organes sexuels ou des ventre gonflés aux chérubins. La majorité de ces aberrations fut chastement recouverte mais encore aujourd’hui les visiteurs peuvent s’amuser à trouver les preuves de cette vengeance.

Pour en savoir plus sur les attractions touristiques de Salvador et du reste de la province de Bahia, consultez ce lien.

Road trip en Colombie ?

road trip colombie
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Road Trip en Colombie?! Je vois déjà l’étonnement et la surprise de certains qui n’imaginent pas la Colombie, hors villes et bitume. Pourtant, la Colombie, grâce aux nombreux progrès en termes de sécurité, peut très bien être le cadre d’un « road trip », quelque peu aventureux et improvisé.

Toutefois, ne vous méprenez pas. La Colombie reste dangereuse dans certaines régions et il vaudrait mieux pour votre sécurité de les éviter. Restez sur les grandes axes routiers entre les grandes villes et ne vous aventurez sur les petites portions, que si l’on vous a formellement indiqué qu’il n’y avait aucun risque.

Avant de partir, il convient bien sûr de posséder ou louer une voiture. Cette dernière option coûte environ en Colombie 50 euros par jour pour un modèle économique.

Le « road trip » se veut quelque peu aventureux mais il convient cependant d’adopter une certaine organisation. Nourriture, habits, vérifiez que le véhicule soit en bon état, qu’il soit équipé d’une roue de secours, d’un cric ainsi que d’une clé en croix. Read more »

Concert de Toto la Momposina au Rockstore de Montpellier

Toto la Momposina
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Le jeudi 27 février, Toto la Momposina donnait un concert dans la célèbre salle (du moins pour les Montpellierains) du Rockstore. L’entrée à 25 euros, à peu près dans les prix pratiqués par l’établissement, a permis de ne pas trop décourager les amateurs de musique latino-américaine, venus en certain nombre assister au concert de la reine de la Cumbia.

Pour ma part, je m’étais informé de ce concert, de manière tout à fait anodine, en voyant une affiche dans la rue. Toto la Momposina était une artiste que je connaissais pour, par exemple, son morceau « El pescador » ou encore « Latinoamerica » de Calle 13; mais je dois avouer que mes connaissances s’arrêtaient là. C’était donc une bonne occasion de connaitre un peu mieux son répertoire et de réaliser une petite « immersion musicale et culturelle » dans ma chère Colombie.

Pas de première partie lors de ce concert, mais une pléiade de musiciens, au moins dix – je les ai comptés mais impossible de me remémorer avec exactitude leur nombre – alternant gaita, guitares, tambours, maracas; et coiffés de magnifiques « vueltiaos« . Avec au centre de la scène, Toto la Momposina, petit bout de femme, très joyeuse et dynamique, qui aime partager ses émotions et ses pensées avec le public. Read more »